Vincenzo : Le Diable Qui En Chassait Un Autre

Vincenzo
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Rome, Italie : Les premiers rayons du soleil viennent d’apparaitre. Signe du début des négociations. Consigliere de la famille Cassano, Vincenzo fut l’avocat, conseiller et bras droit sur lequel son Parrain, Fabio, pouvait à tout moment compter. Du moins jusqu’à ce qu’il ne rende l’âme sous le poids inéluctable de l’âge. Pour autant, Vincenzo se doit de délivrer une dernière missive avant de retourner au berceau natal. « Et je compte bien m’en acquitter, Père ». […] « Tu es bien con de bosser le jour de l’enterrement de ton patron » le tance Emilio alors qu’il déjeune sur le balcon de sa résidence. Lui qui a tué un membre de la famille Cassano en vue de s’emparer de ce gigantesque vignoble. À cette provocation, Vincenzo se contente de sourire. « Voici la dernière offre de mon patron, Emilio ». « Une offre d’outre-tombe ? Non merci ! Fous le camp, le bridé ! ». Et c’est ainsi que le Diable fut provoqué. […] « J’aurai ma revanche ! » jure un Emilio vaincu alors que le verger s’embrase sous ses yeux. « Je vous exterminerai ! Toi et la famille Cassano !!! ».

Quel drama exceptionnel qu’est Vincenzo ! Empreint d’une noirceur telle qu’elle chamboule singulièrement le narratif habituel du genre. Ici, la romance n’a qu’une place mineure et tout le récit s’oriente vers une sanglante partie de dés à même Séoul et le bâtiment résidentiel du Geumga Plaza. Très vite, le Consigliere réalise que le système mafieux qu’il a quitté est également présent en Corée du Sud. Mais à un degré encore plus sinueux vu que la corruption et les assassinats gangrènent toutes les sphères de la société. Conglomérat. Finance. Politique. Et tous les coups sont permis. Même les plus bas. Ceux où la morale et l’humanisme n’ont pas leur place.

À cet égard, les deux principaux nemesis sont particulièrement réussis en termes de malfaisance. Et quelle cadence ! Malgré quelques longueurs, on ne s’ennuie quasiment jamais et les rebondissements prennent souvent à revers. Le tout chapeauté d’une réalisation soignée et d’une photographie impeccable. Mais n’est-ce pas là le pedigree des productions coréennes ? Même constat sur la bande originale qui, de par sa composition classique, fait en sorte de sublimer et dramatiser de nombreuses scènes.

J’ai également beaucoup apprécié les locataires du Geumga Plaza qui se chargent en partie d’apporter la caution humoristique. Attachants, drôles et courageux ! Il est parfois déconcertant de voir à quel point il est possible de rire à une scène et pleurer aux abois à une autre. Car, si vous ne l’aviez pas encore compris, le drame est une composante majeure de Vincenzo. Une petite poignée de passages m’ont tout particulièrement chamboulé.

Vincenzo

Et que dire du personnage de Vincenzo ! Soong Joong-ki est majestueux, magnétique et impitoyable. « Le diable qui en chassait un autre ». Résolument anti-héros, Cassano est conscient de la noirceur qui couve en son coeur et n’hésite pas un seul instant à l’exploiter à l’encontre des monstres qui s’avèrent, contrairement à lui, dénués du moindre code moral. Au moins a t-il conservé une partie de son humanité. Et tant pis si la contrepartie implique de s’en dénuer lorsqu’il le faut.

La relation qu’il entretient avec Hong Cha-young, avocate intrépide n’ayant pas froid aux yeux, est toujours en arrière-plan. Et pourtant, quelle délicieuse alchimie ! J’ai apprécié le fait que Hong ne corresponde pas aux canons de beauté habituels des films et dramas coréens. Pétillante, charmante, dynamique. Sans elle, Vincenzo manquerait résolument de peps et d’espoir. Vous l’aurez compris —> À moins d’être totalement réfractaire au genre du drama, sautez sur Vincenzo ! Sa singularité ne manquera pas de vous surprendre et de vous marquer à plus d’un titre.

Vincenzo
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Catégorisé comme Dramas

Fondateur de YZGeneration, YummyZ, Ikke et Bang !

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