Platinum End Tome 14 : Nos Vies Après La Mort

« Saki ?! » peine à y croire Mirai Kakeashi. Et pas qu’elle. Tous les candidats restants au titre de Dieu viennent de faire leur entrée sur le stade de Tokyo. « Shuji… » s’interroge le Professeur Yoneda. « Tu peux m’expliquer ? ». « Il a beau être sous l’emprise de votre flèche rouge… » répond à sa place Yumiki. « Shuji est incapable de tuer quelqu’un qui veut vivre ! ». « Yoneda… » intervient à son tour Hoshi. « Tu as toujours vécu en limitant au maximum tes relations sociales et c’est ce qui t’empêche de comprendre ce que les gens peuvent ressentir ». Oui. Depuis l’émergement de sa conscience, Gaku Yoneda s’est toujours employé à percer le secret de la vie après la mort. « Et dévoiler cette supercherie qu’est Dieu ». Voilà pourquoi rien n’est terminé. « Je nous tuerai tous et, ensuite seulement, le monde comprendra qu’il n’est plus nécessaire de dépendre d’une entité divine ».

Je plaide coupable —> La sortie de l’ultime tome de Platinum End m’est totalement passée au-dessus de la tête ! Et me voilà, sept mois plus tard, à rattraper mon oubli… Au moins cette review coïncide t-elle avec la fin de l’anime survenue il y a trois semaines de cela ! Et autant vous dire que cette aventure aura été contrastée ! Sans parler de la fin qui s’avère particulièrement clivante, nihiliste et apocalyptique. Qu’il y a t-il après la mort ? Cela, même « Dieu » ne le sait pas. Et il ne le saura jamais. Lui qui n’est qu’une créature parmi d’autres et a dû fusionner avec le jeune Shuji Nakaumi, suicidaire de son vivant, en vue de survivre. Oh, quelle terrible ironie.

Les lacunes de Platinum End auront été multiples. À commencer par un manque critique d’intensité émotionnelle. Ça a toujours été, à mes yeux, une tare de Tsugumi Ohba (scénario) et Takeshi Obata (dessin). Soit l’incapacité de véhiculer des sentiments et, se faisant, un affect puissant à l’encontre des différents protagonistes d’une oeuvre. Or, ici, c’est pire que dans les précédentes oeuvres (Death Note, Bakuman) où certains personnages parvenaient tout de même à susciter une certaine sympathie. Le binôme star aurait-il fini par épuiser tout son génie créatif ?

Après La Mort
Après La Mort
Après La Mort
Après La Mort

L’occasion d’une longue pause ? L’un des autres points qui m’a le plus rebuté, mis à part cette sensation de rush dans le dernier quart, c’est la vacuité folle du héros. D’un coté, l’amour pur et innocent qu’il ressent à l’encontre de Saki (et vice-versa) est d’une naïveté folle (c’était également le cas dans Bakuman). De l’autre, Mirai a une palette d’émotions très mince. Du début à la fin, j’ai peiné à entrer en empathie avec lui parce que j’avais l’impression d’avoir affaire à une coquille à moitié vide. La faute à ses créateurs qui n’ont pas su gérer son character building.

À lui et celui des autres. Au moins, ça explique pourquoi Yoneda, qui s’est volontairement coupé de toutes relations sociales, est le personnage le plus abouti… D’ailleurs, et contrairement à pas mal de lectrices et lecteurs, je le considère comme un très bon nemesis. Meilleur que Kanade Uryu (Metropolisman) et son égoïsme absolu. Au moins Kanade nous a t-il mis sur la piste d’un certain nombre de possibilités quant à l’existence d’une vie après la mort.

Où sont passées toutes ces âmes après que Dieu X Shuji se soit suicidé ? Avait-il conscience que sa disparition provoquerait celle de l’humanité ? Auquel cas, l’a t-il fait après avoir été témoin des horreurs de ce monde et l’inaction de son prédécesseur ? Se contentant de « créer la vie » et de l’observer jusqu’à son terme et son renouvellement ?

La dramaturgie aura beau ne pas avoir eu un gros impact (cf manque d’intensité émotionnelle), il n’empêche… Quelle fin ! Qu’on l’approuve ou qu’on la déteste, elle marquera les esprits. Car il est très rare qu’un manga se termine sur la fin de tout. Cela signifie la fin de l’Espoir et de l’Amour. A.k.a. les valeurs-piliers de tout shonen qui se respecte.

Qui sont ces entités quasi immortelles à la toute-fin ? Elles qui ont crée la créature qu’est Dieu. Étaient-elles « humaines » il y a de cela fort longtemps ? Serait-ce l’ultime aboutissement de la quête de l’immortalité ? Une consécration qui, après des milliers (millions ?) d’années, aboutirait à une quête désespérée de la mort ? Car c’est ce que voulaient ces enveloppes. Que leur « Dieu » devienne un jour suffisamment puissant pour les tuer. Le Professeur Yoneda a peut-être raison —> Dieu serait issu de l’imagination de l’homme avec le but établi de l’exterminer. « Après la mort, que devenons-nous ? ». Voilà une question à laquelle nous n’aurons jamais la réponse. Du moins de notre vivant.

Fondateur de YZGeneration, YummyZ, Ikke et Bang !

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