Cruella : En Noir Et Blanc

Cruella

« Dès le départ… » raconte Cruella. « Je me suis toujours affirmée ! ». Ce qui n’était d’ailleurs pas du goût de tout le monde. « Ma chevelure, noire d’un coté, blanche de l’autre, ne manquait pas d’irriter les bonnes gens de mon village ». Mais, avec le recul, c’est ce manque inné de consensualité qui lui a permis de fourbir ses armes dans l’univers impitoyable qu’est la vie. « Certes… » concède l’intéressée. « Je suis morte, désormais. Mais au moins ai-je pu mener mon existence comme je l’entendais ». Selon ses codes. Ses règles. Sa loi. « À propos ! » poursuit la disparue. « Je m’appelais au départ Estella mais ce nom était bien trop banal pour une personnalité de mon ampleur ». Cruella, en revanche, lui sied à merveille. […] « Etttt c’est à partir de cet instant que j’ai commencé à détesté les Dalmatiens. Vivants, du moins ! Morts et dépourvus de leur fourrure, en revanche, c’est une autre histoire ».

Le point qui frappe d’emblée avec Cruella, ce sont, sans surprise, les costumes ! Et les décors ! J’imagine sans mal que Disney a pris un soin tout particulier à tricoter le style fou et furieux d’Ella de Vil dans ce secteur impitoyable qu’est la mode. Stylisme et Atypisme ! Que ne voilà t-il pas une combinaison merveilleuse ! J’ai également apprécié la réalisation et ses plans-séquences fluides et esthétiques. Il faut dire que le Londres des années 60 a un certain chic. Ne la surnommait-on pas Swinging London, à l’époque ? Tant la capitale symbolisait à merveille la culture pop et mode ?

Les années 70, en revanche, sont une autre histoire ! New York City, notamment, commença à voler la vedette à la ville du Grand Brouillard. Tandis que Paris, avec à sa tête un certain Yves Saint Laurent, commença à montrer les crocs. C’est dans ce contexte de grande compétition que Cruella, en anti-conformiste de génie, s’impose comme il faut. Certes, avec un peu de violence et de cruauté mais ne faut-il pas assumer qui l’on est pour exister ? D’autant plus lorsqu’on se retrouve plongée dans la sphère impitoyable et paradoxalement guindée de la haute couture.

Cruella

Il aura fallu que la future Veuve Noire se fasse virer du magasin faussement côté, Liberty of London, pour déployer ses talents auprès de sa plus formidable ennemie —> La Baronne ! Interprétée par une parfaite Emma Thompson. Magnétique. Orgueilleuse. Impériale ! Qui d’autre que la sensationnelle Emma Stone pour lui tenir la dragée haute ? Entre son timbre de voix rouillée et sa mine caustibulaire (à la croisée entre caustique et Pat Hibulaire), Emma incarne une Cruella D’Enfer ! Sa transformation est à ce titre ébouriffante et libératrice. Pour le meilleur et pour le pire.

C’est peu dire que j’ai aimé ce film ! Non-seulement contribue t-il à humaniser une nemesis iconique de Disney en juxtaposant un passé et une histoire à ses moult aspérités. Mais il la rend attachante ! Elle et sa famille de coeur que sont Jasper le perspicace, Horace l’agaçant et n’oublions pas Bandit & Clin D’Oeil. Fins limiers sans lesquels aucun larcin n’aurait été applaudi (les images de synthèse canins sont très réussis au passage). Notez qu’ils restent fidèles à leur amie même après que Cruella ait pris le dessus sur Estella. Mais a t-elle vraiment existé ou n’était-elle qu’une façade en vue d’entrer dans le moule de la normalité ?

Cruella

Probablement un peu des deux. Une chose est sûre —> Que ce soit Cruella ou Estella, ces deux-là avaient un bon fond. Ce n’est qu’après avoir côtoyé un monstre déguisé en Baronne que le déclic se fit. « J’imagine que tu as toujours eu peur que je sois cinglée comme ma mère de sang… » se confesse t-elle auprès de sa défunte mère de coeur. « Et j’ai essayée d’être normale. J’ai vraiment essayée… Parce que je t’aimais et que je t’aimerai à jamais ». Qu’importe ce qu’elle croit, ceci-dit, personne ne nait méchant(e). Cruella l’est devenue parce que son enfance a été brisée et qu’elle n’est pas parvenue à s’en remettre malgré un entourage qui ne lui voulait que du bien.

Probablement l’un des meilleurs films Disney pour l’heure. La firme souricière n’a jamais été aussi crédible que lorsqu’elle décide d’étendre ses productions plutôt que de les adapter « bêtement » en live. Quitte à les remanier d’un poil de dalmatien s’il le faut. Croisons les doigts pour que des itérations similaires voient le jour par la suite. En attendant, ce bal en noir et blanc fut des plus somptueux.

Cruella
Publié le
Catégorisé comme Ciné Étiqueté

Fondateur de YZGeneration, YummyZ, Ikke et Bang !

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires