Sans Un Bruit II : Le Silence Est D’Or

Bruit

Une rue déserte et aucun son aux alentours si ce n’est le chuchotement d’une douce brise serpentant à travers le feuillage des arbres. « Puis j’ai garé la voiture à coté de la station de radio locale » se rappelle Lee Abbott. *Bam* fit la porte du bolide en se refermant. « C’était le premier jour et nous n’avions aucune idée de la tragédie qui s’apprêtait à nous frapper ». […] « Et eux ? » demande Lee alors qu’il vient de rejoindre le match de baseball auquel joue son fils. « Ils en sont à quelle manche ? ». « La troisième ! » lui répond son ami, Emmett. « Hm ! Allez, Marcus ! Tu peux le faire ! ». Des cris. Des liesse. De la joie et du suspens. Qui aurait pensé une seule seconde que ces moments de vie disparaitraient du jour au lendemain ? « Pourtant, ce qu’il s’était passé à Shanghai aurait dû nous mettre la puce à l’oreille ». Mais l’être humain est parfois stupide. Tant qu’il ne voit pas le monstre en face, il continue de faire du bruit. « Papa ? C’est quoi la boule de feu qui traverse le ciel ? ».

La première itération s’était révélée être une bonne surprise ! Le concept d’ancrer le narratif dans un monde où le moindre bruit est synonyme de mort fut le réalisateur John Krasinski. De là à justifier une suite ? Oui et non ! De base, Sans Un Bruit se suffisait à lui-même et avait non-seulement donné en dramaturgie avec la mort de l’un des enfants en préambule puis celle de Lee en conclusion. Parsemé d’une note d’espoir via la découverte de ce son fragilisant les créatures. Pour peu que celui-ci soit suffisamment localisé, il devient possible d’abattre le prédateur.

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Il suffisait dès lors d’avoir un peu d’imagination pour se tricoter soi-même le devenir de la famille Abbott. Parviendront-elles à façonner une post-civilisation ou se contenteront-elles de tenter survivre parées de cette nouvelle arme ? La suite répond à notre place en introduisant un nouveau personnage —> Emmett. Incarné par un Cilian Murphy peu enclin à aider qui que ce soit tant beaucoup de survivants se sont mués en une autre sorte de monstre. Celui prêt à tout pour s’accaparer le bien d’autrui. Contrairement à Evelyn, lui a tout perdu. D’où ce manque d’humanisme et d’espoir. Il faudra chercher du coté de Regan pour que se dessine un nouvel horizon. L’actrice est au passage épatante de justesse !

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Sa volonté de survivre et de sauver sa famille permet la mise en place d’un odyssée à la fois poétique et angoissant. Un seul pas de travers et tout bascule. Son binôme avec Emmett renvoie des airs d’Ellie et Joel de The Last Of Us. Et sur certaines scènes, le suspens est de mise. N’omettons pas le chara-design fantasmagorique des créatures et la composition oppressante de certains décors. Qu’il s’agisse du train rempli de macchabées, de l’usine désaffectée aux lueurs blafardes ou du ponton ombragé et ses habitant(e)s aux yeux de sang.

Dommage que l’écriture soit si prévisible et peu encline à prendre des risques (contrairement à Sans Un Bruit premier du nom). De même, certains comportements manquent de cohérence (palme d’or à Marcus) et l’on peine à s’attacher aux personnages. La réalisation feutrée, bien que justifiée, n’aide pas. Il n’empêche, l’histoire de cette famille touche ! Et quelle badassité de la part d’Evelyn a.k.a. Emily Blunt ! Une guerrière pure et dure face aux monstres en soif de mort (des sortes de titans à la Shingeki no Kyojin quand on y pense). Il ne nous reste plus qu’à attendre une troisième (et dernière ?) partie. Pas certain que le choix d’en faire une saga soit judicieux mais maintenant qu’on est parti…

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