Ciné El Camino

Published on octobre 12th, 2019 | by Faël Isthar

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El Camino : La Dernière Frontière

« Sans la moindre contrainte »

« Ça ne va pas lui plaire, tu sais ? » fait remarquer Mike à Jesse Pinkman. « Je m’en doute ». Mais sa décision est prise. « Et vous ? Que comptez-vous faire de cet argent ? ». « Ce que j’en fais depuis toujours. Toi ? ». « Me barrer le plus loin d’ici ». « Si je repartais à zéro à ton âge… » lui confesse Mike. « J’irai en Alaska. Tu pourrais être qui tu veux là-bas. Un nouveau départ ». « Rattraper le coup ». « Non… » rectifie tout de suite le vieil homme. « Désolé, petit, mais c’est la seule chose qui sera impossible ». […] « Est-il vrai qu’une arme militaire a été utilisée lors de l’attaque ? » interroge une journaliste. « Une mitrailleuse M60 télécommandé à distance… » confirme le directeur de la DEA. « Nous ne savons pas encore comment cet individu a pu obtenir une telle arme ». « Et le suspect ? » demande un autre reporter. « En raison de l’enquête en cours, je ne ferai aucun commentaire à ce sujet ». Et c’est ainsi que El Camino de Jesse opéra une nouvelle mue. Sans l’ombre de Walter White.

Et c’est ainsi que Breaking Bad, via El Camino de Jesse, eut sa simili Happy Ending. Non sans nous rappeler quelques visages bien connus. Mike, bien sûr. Mais aussi Jane et ce satané Walter. Je lui en voudrai toujours pour avoir laissé mourir Jane malgré son influence négative sur Jesse. Et ne parlons pas du petit tué à la ricine. Le personnage principal de Breaking Bad avait un mauvais fond et ce ne sont pas quelques élans humains qui en feront quelqu’un de bon. Il n’empêche que sa relation avec Pinkman fut passionnelle. Entre amour paternaliste et haine profonde sans jamais franchir la ligne rouge. Bien au contraire. Walter a sacrifié le peu de vie qu’il lui restait pour faire en sorte que Jesse s’offre un nouveau départ. Ce qu’il fit. Non pas sans céder à la vengeance lorsque l’occasion lui en fut donnée.

Le rythme était posé mais, en soi, Breaking Bad a toujours eu une cadence sereine avant de s’emballer à la toute-fin. El Camino ne déroge pas à la règle. Vince Gilligan prend son temps et nous offre une fin linéaire et douce. Là où la fin de Breaking Bad se terminait dans le sang, les pleurs et l’amertume. C’étai une fin adéquate pour Walt mais pas forcément pour Jesse. Voilà qui est fait. Mis à part ça, nous noterons une superbe photographie, des plans parfois renversants et une mise en scène maitrisée. Qu’importe la déception qui pourra affleurer eu égard au manque d’enjeux majeurs. Il s’agissait avant tout de permettre à un gamin paumé, brisé mais brillant de prendre un nouveau départ. À travers la dernière frontière. Adieu, Jesse. Et mes pensées à Robert Forster a.k.a. « l’effaceur » Ed Balbraith. Décédé il y a quelques heures seulement.

7,5/10

*Coup de Coeur*


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Fondateur de YZGeneration, YummyZ et Ikke !



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