Dear White People S03 X S04 : Les Compromis De Survie

Compromis De Survie

« Je vois que vous avez été attentif… » se satisfait un mystérieux individu alors que Sam et Lionel se plaignent de leurs vies sentimentales respectives. « Vous qui avez trouvé l’Atlas de York ! ». « Huh ? » répondent, éberlués, les concerné(e)s. « Et vous êtes qui ? ». « Un Gardien de l’Ordre ! » répond, surpris, le maître des lieux. « Mais, dites-moi, comment m’avez-vous trouvé ? ». « Internet… » répond Lionel. « En faisant des recherches, on a identifié plusieurs lieux qui pouvaient correspondre à l’endroit où se déroule vos réunions ». Quelle désillusion ! « J’ai mis une croix sur mon iPad… » ajoute Sam. « Ici, vous pouvez la v… ». « Mais vous n’avez pas du tout respecté les règles ! » s’insurge M. Société Secrète. « Qu’importe… Je refuse d’attendre une autre décennie ! ». C’est à partir de cet instant que Sam commença à prendre conscience des compromis de survie à même un monde profondément injuste. « Quitte à perdre pied pendant un petit moment ».

Je pense me souvenir durablement de Dear White People malgré son lot d’errances. Il faut dire que c’est la première fois que je regarde de bout en bout une série dédiée aux inégalités et injustices systémiques à l’encontre des afro-américain(e)s. Ce qui m’aura valu d’être largué par endroit tant la narration se veut spécifiquement ciblée US. N’y ayant pas vécu, j’ai dû composer avec un biais qui a parfois entravé ma lisibilité des différent évènements. Notamment au niveau des références historiques et socio-culturelles.

Compromis De Survie

Une chose est sûre —> Ces compromis de survie à même la société afro-américaine, qu’importe la caste à laquelle on appartient, sont constants. Une lutte permanente qui peut parfaitement s’enliser voire faire plusieurs pas en arrière. De fait, le conservatisme racial et religieux est loin d’être une relique de l’histoire. Les évènements récents eu égard à la révocation du droit d’avortement aux US par la Cour suprême le prouvent à nouveau.

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Ici, la fin de la S04 se veut prudemment optimiste en nous montrant que malgré les avancées d’une minime partie de la population afro-américaine, les ronces de l’échelle sociale continuent de progresser. Et quelle ironie que de constater que l’un des acteurs des trois premières saisons, Jeremy Tardy (Rashid), a préféré démissionner après avoir été victime, selon-lui, de discrimination raciale lorsque fut venu le moment de négocier son augmentation. Là où, selon ses dires, un collègue blanc serait parvenu à ses fins.

Ça la fout mal… Enfin ! J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans la S03. L’Ordre Secret n’étant in fine que peu développé. Je n’ai accroché qu’à partir des accusations d’agression sexuelle à l’encontre d’une éminence de la Silicon Valley (et membre de l’Ordre). Montrer que le mal est partout, y-compris au sein d’une caste luttant pour ses droits, était essentiel. Ainsi que l’importance de ne jamais idolâtrer un individu. Qu’importe son pedigree.

La S04, mélange entre Broadway réapproprié et dystopie douce-amère du monde d’après, m’a quant à elle satisfait de bout en bout. Les compromis de survie étant mieux explicités et cela dans un environnement anxiogène. La faute aux intentions de mort d’un suprémaciste blanc se dessinant à chaque fin d’épisode.

Celles-ci n’aboutiront heureusement pas. Mais quelle frayeur lorsqu’on la met en parallèle avec les tragédies récentes. In fine, la trajectoire (à dents de scie) de chaque protagoniste fait sens. Qu’il s’agisse de la ténacité de Coco à faire entendre dans sa voix dans la sphère politique ou celle de Sam X Lionel à marquer les esprits via le 7e Art. D’autres personnalités telles que Reggie ou Joëlle auront eu besoin de panser leurs plaies un certain nombre d’années. Ce qui ne les aura pas empêcher d’oeuvrer pour le bien communautaire à leur échelle (digitale pour Reg et médicale pour Jo).

Il ne nous reste plus qu’à se quitter avec un semblant de lucidité —> Ce monde ne changera pas si nous ne changeons pas avec lui. Les méthodes de lutte sont diverses et variées, qu’il s’agisse de l’Art, du militantisme ou de la politique. À nous de trouver la voie qui nous convient et d’apporter un impact, aussi minime soit-il. C’est ce qu’aura fait à mon sens Dear White People en sensibilisant les consciences. À commencer par la mienne. Des compromis de survie à une égalité séculaire. Gageons que nous en avons pour quelques millénaires.

Compromis De Survie

Fondateur de YZGeneration, YummyZ, Ikke et Bang !

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