Monde

Published on décembre 13th, 2012 | by Faël Isthar

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Mali : la crise s’enlise

Jamais le Mali n’avait connu de situation aussi périlleuse depuis son accès à l’indépendance vis-à-vis de la France. Petit rappel des faits : depuis mars dernier, l’armée s’est emparée du pouvoir considérant que le président était trop conciliant avec les rebelles (rebelles touaregs et factions se réclamant de la mouvance Al-Qaeda)  et qui ont depuis mis main basse sur tout le nord du pays (soit près des 2/3 du territoire). Coup d’état qui n’avait pas vraiment arrangé les choses (mais était indispensable ?) puisque les islamistes radicaux et séparatistes touaregs avaient profité de l’instabilité crée pour conforter d’autant plus leurs positions.

Et depuis quelques jours a eu lieu un nouveau coup d’éclat : le premier ministre, Cheikh Modibo Diarra, a été arrêté par la junte militaire (alors qu’il se préparait à quitter le pays pour Paris) et forcé à démissionner. Ce qui lui est reproché : n’avoir rien fait pour empêcher la mouvance Djihadiste de s’emparer du nord du pays. Le président par intérim, Dionconda Traore, a donc nommé dans la foulée un nouveau premier ministre : Django Sissokyo.

Les deux se déclarent ainsi déterminés à résoudre la crise au plus vite en créant un véritable gouvernement d’union national et en s’emparant à nouveau du nord du Mali. Mais pour cela, il leur faut faire appel aux forces de l’ONU et de l’OTAN : lesquels ne semblent pas vraiment ravis par cette nouvelle ingérence militaire dans la politique qui devrait  ainsi ralentir un déploiement de leurs troupes. Car comme l’a souligné le secrétaire général de l’ONU Ban-Ki-Moon : une intervention contre les islamistes radicaux ne peut être effectuée puisque l’un des préambules mêmes à cette action, et qui n’est pas respecté, est que le gouvernement Malien parvienne à instaurer un semblant de stabilité et de démocratie dans ses institutions. Oui, on n’y est pas encore.

Ce qui est au final  peu étonnant puisque nous sommes en présence d’un état militaire dirigé par un capitaine, Amadou Sanogo, qui se déclare par ailleurs contre une intervention de l’ONU (lui préférant une intervention 100% nationale). Et toutes ces positions et coups d’éclats conduisent peu à peu les pays occidentaux, Washington et Paris en tête, à de moins en moins soutenir la politique du gouvernement malien…même s’ils finiront bien par intervenir  dans la région ne serait-ce qu’à cause des otages français et des mines d’uranium (presque la moitié de la production mondiale). En attendant, les djihadistes ont débouté les touaregs du nord du pays, imposé la charria et n’hésitent plus à lapider les gens à mort pour avoir des relations hors mariage….

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