Ciné

Published on mai 6th, 2012 | by Faël Isthar

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Focus : Making Of Babylon AD ou comment un tournage peut virer à l’enfer

Si j’ai choisi de faire un focus sur ce making of, c’est parce qu’il montre, sans langue de bois, combien un tournage peut être difficile, voire impossible, lorsque certaines conditions ne sont pas remplies. Avant d’aller plus loin, je vous inviterai donc à le regarder pour qu’on puisse en reparler ensuite. Et croyez-moi, ça vaut amplement le coût :

La première problématique, et celle à mon sens la plus importante pour un film se réclamant être un blockbluster, c’était le budget. Un “sous budget” comme le dit Mathieu Kassovitz, même s’il assume pas entièrement. A partir de là déjà, on sait qu’on va aller au devant de grandes complications tels que des coupes, scènes supprimés, concessions à tout va…

Oui mais non. Avec un budget de 60 000 000$, ça pouvait encore passer. C’est juste qu’il fallait limiter tout délais. Ça aurait peut être pas été le blockbuster souhaité, mais ça suffit amplement pour insuffler au film son identité propre. Sauf qu’ensuite interviennent d’autres facteurs très importants tels que le lieu de tournage, l’équipe de tournage, les acteurs, les investisseurs (ici principalement la maison de prod US), etc

Et c’est là que ça fait mal. On a l’impression, durant toute cette vidéo, qu’il n’y avait presque que M.Kassovitz qui y croyait (hormis quelques acteurs au début). Pour le reste, catastrophe sur catastrophe : problèmes de météo (le scénar indique qu’il doit neiger mais il neige pas), acteurs capricieux (Vin Diesel qui ne s’entraine pas et réécrit des scènes), les imprévus (une big explosion qui explose trop tôt)…

Le film maudit en somme ! Mais après, comme tu as pu le souligner, l’argent est un facteur important. Plus on a d’argent, moins on est stressé/énervé, mieux tout le monde va. Ce n’est évidemment pas le seul facteur de réussite mais tout de même.

Ça c’est certain que c’est pas un facteur primordial non plus. Y a qu’à voir le making of du Seigneur des Anneaux où l’équipe était pour le coup hypra solidaire, avec un budget serré, mais réuni d’un bloc autour du réalisateur Peter Jackson et qui se sont tous investis à corps perdu dans l’aventure ET en respectant les deadlines. Chose qui a été loin d’être le cas ici.

Le film a en effet accumulé les retards et donc fait rallonger le budget de manière conséquente (jusqu’à faire amener des représentants de la compagnie d’assurance sur le lieu de tournage). Pire, les dépenses n’ont pas été intelligemment maitrisés et distillés. En témoigne les décors limites et sans vie qui font sortir Kassovitz de ses gonds. On citera notamment la grosse caméra qui tombe d’un coup dans le décor du sous marin, manquant de blesser quelqu’un.

Oui bon après tu avoueras qu’il a la critique facile et qu’il est sans arrêt sur les nerfs. On pourra dire que c’est la passion, qu’il est comme ça. Reste qu’il a pas non plus l’air super commode. Ça empêche pas de faire un excellent film bien sur (en témoigne les Lars Von Trier où le réal est réputé pour son coté “dictateur”) mais il faut alors que le réal ait la main mise sur tout les facteurs externes majeurs.

Ce qui n’était clairement pas le cas. Le pire étant peut-être les problématiques incessantes de communication entre la maison de prod US et le réal M.Kassovitz. La scène des casques est à ce propos édifiante. Kassovitz avait demandé tel design, la maison de prod dit non et commande un re-design, Kassovitz l’apprend 6 mois plus tard en plein tournage et pète littéralement un plomb.

Le problème, comme le dit l’un des assistants réals vers la fin, c’est que tout le monde voyait le film à sa manière et que tout le monde a voulu le faire à sa manière. La scène de fin, par exemple a été réécrite par l’équipe de prod US sans même en avoir parlé à Mathieu qui avait tout storyboardé. Faut le faire quand même. Du coup on le voit prêt à lâcher l’éponge mais finalement il choisit de faire avec..Comment tu veux réaliser un bon film dans ses conditions ? Quand tout capote, quand toute la planification et l’organisation se font la malle ?

Comme tu dis, il faut qu’à un moment donné il y ait un lead et qu”on suive ce lead. Sinon on ne s’en sort pas, tout simplement. Vraiment dommage pour Kassovitz dont c’était le rêve à la base. A ce qu’il parait le rôle devait à la base revenir à Vincent Cassel mais il a finalement choisi Vin Diesel qui faisait + américain. Ce qui aurait brouillé les deux comparses.

Il doit surement le regretter maintenant. Ce making of reste en tout cas extrêmement intéressant pour peu qu’on s’intéresse un minimum au cinéma et à l’envers du décor. Ce que j’en retiens avant tout c’est que, pour quelque entreprise qui soit, la chose la plus importante reste la qualité du réseau avec lequel on décide de s’entourer et de collaborer. Si le feeling passe et qu’un cercle vertueux s’instaure, alors on est bien partis. Si c’est le cas inverse, autant arrêter tout de suite et redéfinir une partie de l’équipe ou lâcher  (provisoirement ou non) l’affaire.

Ça m’a donné envie de m’intéresser à d’autres making of du coup. Clairement. J’espère que pour vous aussi cette vidéo et ce focus vous auront permis de vous rendre compte de combien un tournage, avec le nombre considérable de personnes qu’il implique, est une tâche (très) délicate à gérer. A bon entendeur…

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Fondateur de YZGeneration, YummyZ et Ikke !



One Response to Focus : Making Of Babylon AD ou comment un tournage peut virer à l’enfer

  1. Deise says:

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