Le Dernier Duel : Les Trois Vérités

Dernier Duel

Ce jour-là, lorsque Marguerite de Carrouges accusa Jaques Le Gris de l’avoir violée, la France entière n’avait pas la moindre idée à quel point cette prise de parole, si courageuse et naïve face à l’injustice du monde, susciterait par la suite. […] 29 décembre 1386 : L’heure du Dernier Duel est arrivé. Le « Jugement de Dieu ». Pour Jean de Carrouges, mari de Marguerite de Carrouges, il s’agit de restaurer son honneur en tuant celui qui a souillé son épouse. Pour Jacques Le Gris, il s’agit de prouver aux yeux de toutes et de tous qu’il n’est pas un odieux violeur. S’il l’emporte, s’il tue Jean de Carrouges, alors Dieu lui prouvera raison. « Voilà le genre d’inepties et de barbaries que nous devions supporter à cette époque… » conte Marguerite alors qu’elle se tient aux premières loges, pieds et mains liés. « Si j’avais eu toutes les cartes en main, j’aurais probablement gardé le silence comme tant d’autres femmes avant moi. […] Parce que je tiens à la vie. Qu’importe qu’il me faille résider en enfer ». […] Trois Vérités. Une Réalité. « Maintenant que le sort en est jeté, je compte bien me battre jusqu’au bout ».

Dernier Duel

Je ne m’attendais pas à être autant ébahi par une production de Ridley Scott ! Notamment parce qu’une telle chose ne m’était plus arrivée depuis la sortie de Gladiator en 2000 ! Bon, j’admets avoir apprécié Prometheus (2012), ahah. Contrairement à Covenant… Ce que je reproche à l’auteur depuis pas mal d’années ? Une certaine pesanteur prompte à me faire bailler aux corneilles. Sans la densité narrative et substance émotionnelle capable de soutenir et sublime le tout. Ici, avec Le Dernier Duel, je suis très vite entré dans le bal de ces trois récits s’effilant les uns après les autres. En termes de structure et de cadence, c’est finement joué de la part de Ridley ! D’autant plus que les décors, les costumes, la mise en scène et la photographie sont fantastiques.

Dernier Duel

La patte d’un maitre, il n’y aucun doute dessus. Mais ce n’est pas tout ! Les trois principaux arcs narratifs, Marguerite, Jean et Jacques, sont ciselés sous un angle tantôt humain, tantôt idéaliste (selon les narrateurs ou la narratrice) qui contribue à passionner d’effroi au gré des révélations. Les mensonges. Les trahisons. La cupidité, la cruauté et la lâcheté des hommes. Leur bêtise insondable, également. Certaines scènes sont à ce titre très difficiles à regarder. Je vous laisse imaginer ce qu’il en était véritablement en ce temps. Sans l’esthétisme et la dramaturgie du 7e art. Un linceul de ténèbres pour tant de femmes n’ayant pas eu d’autre choix que de survivre sous la vindicte des hommes. Monstres au visage humain.

Bravo au casting principal, au passage, qui accomplit une prestation particulièrement juste. Et quelle magnificence de la part de Jodie Comer (Marguerite de Carrouges) ! Plus la voilure se décante, plus sa prestance s’impose à l’écran. Le point d’orgue, à travers un Dernier Duel aussi absurde que prenant, se charge de graver ce film dans la mémoire collective. Ode réaliste et touchante au féminisme d’alors et d’aujourd’hui. Et quelle bande originale ! Majestueuse, imposante et architecturale. « Au nom de la vérité, je ne me tairai point ». Foncez voir ce film.

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